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Esclavage. Souvenir d’un carnaval mémorable

Mayotte depuis 1994, l’abolition de l’esclavage (27 avril 1848) est célébrée en grande pompe par une grande manifestation festive, folklorique et carnavalesque. Des carnavals sont organisés dans les quatre coins de l’île au parfum, surtout à Mamoudzou, dans la capitale pour se remémorer cette période noire de l’Histoire de l’île : la traite négrière.

Mayotte depuis 1994, l’abolition de l’esclavage (27 avril 1848) est célébrée en grande pompe par une grande manifestation festive, folklorique et carnavalesque. Des carnavals sont organisés dans les quatre coins de l’île au parfum, surtout à Mamoudzou, dans la capitale pour se remémorer cette période noire de l’Histoire de l’île : la traite négrière. Acoua n’est pas en reste. Traditionnellement festif et en pointe des festivités culturelles et traditionnelles, des hommes et des femmes, enfants ne ratent pas l’occasion pour, à leur manière, célébrer cette page d’histoire tristement mémorable.

Un souvenir à la fois inoubliable et mémorable d’un carnaval à Acoua, comme si c’était aujourd’hui, emportés par la fièvre révoltante et indignée de cette triste époque de l’Histoire, Dread Le Scout, l’un des artistes de l’île et enfant du village nous a proposé d’organiser en collaboration avec le service culturelle de la mairie de jadis, un carnaval. Un carnaval pour “re“-vivre à notre époque cette époque douloureusement noire. Un carnaval qui incarne au plus près de la réalité de l’époque. Une mission impensable car chaque époque a son histoire, son vécu, son environnement, son état d’esprit, son expérience, ses souffrances et ses réalités. Son entrain. Sa tonalité. Son relief. Sa vérité. Mais par un sursaut de conscience, la décision a été calée, essayons de nous conformer le plus possible à la réalité de cette époque. Pourquoi pas ? 

Alors, nous nous sommes mis au travail, le temps nous est compté. A quelques jours avant le jour fatidique, il faut penser, réfléchir à tous les scénarios de cette époque, refaire l’histoire que nous n’avions guère vécus, ni sentis, ni traversés. Il fallait aussi réunir tous les matériels, accessoires (de grosses chaînes rouillées, des coquilles vides d’escargots, de la boue puante, de vieux vêtements sales et déchirés), définir le circuit du défilé avec l’aval des services de sécurité de la mairie, sensibiliser les jeunes à l’enjeu et l’importance de cette journée spéciale et les mobiliser pour participer. Dread Le Scout, à l’poque, débutait sa carrière musicale, il n’a pas lésiné sur les moyens artistiques. Mais aussi son énergie pour que la fête soit au rendez-vous. L’inoubliable rendez-vous de l’Histoire. 

Le jour J arriva. Le jour de consécration. Le jour de l’esclave. Vers 6 heures du matin, le rendez–vous fut donné, sur la place de la Mairie. De nombreuses personnes jeunes, hommes, adultes, et enfants répondirent présents avec enchantement et enthousiasme. Après avoir enfilés les habits de “vrais” esclaves, en rang, soumis aux sommations du “vrai” colon, nous parcoururent le village d’Acoua en esclaves opprimés. Avec un point d’orgue, à chaque kilomètres, des mises en scène d’actes typiques esclavagistes devant les yeux ébahis et amusés des badauds. Acoua fut transformé en village colonisé où des colons traitent à leur guise leurs esclaves. Colon d’un jour et escale d’un jour. Toute une histoire relooquée et revisitée avec un regard empreint de l’esprit jeunesse. 

Aujourd’hui, pour remémorer cette journée particulièrement mémorable, nus avons pris contact avec l’un des protagonistes de ce fameux carnaval, Dread le Scout résidant aujourd’hui en France métropolitaine, toujours attaché à ses cultures, il nous a déclaré, que hélas, “l’esclavage est réel et ça existe toujours sous une autre forme”“Vraiment à chaque fois que je regarde notre carnaval, j’ai l’impression dans la réalité de ce qui est arrivé a nos ancêtres….”, a-t-il ajouté. Avec un ton optimiste et plein d’espoir, il espère que “la jeunesse d’Acoua continue d’organiser un carnaval. Qu’il ait une continuité pour toujours…”

Le message est passé. La balle est dans votre camp les jeunes.

Kaya A.

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